OPHélie
Une production de macompagnie. 
Coproduction : Théâtre Le Sémaphore - Port de Bouc, La Barcarolle, EPCC Spectacle vivant Audomarois. 
Avec le soutien de la Spedidam et de la Ville d’Aix en Provence.

Depuis le berceau de la rivière où elle s’est noyée, Ophélie voit se dérouler la fin de l’histoire d’Hamlet, ce prince Danois dont le père est mort, assassiné par son oncle Claudius. Claudius devient donc roi, et épouse Gertrude, la mère d’Hamlet. Hamlet apprend la félonie de son oncle lors d’une rencontre avec le spectre de son père. Hamlet est prêt à tout pour faire éclater la vérité, sa raison peut-être, sa mère, sa bien-aimée, il est prêt à tuer et à mourir. 
Dans ce petit laps de temps que nous voyons s’étirer, entre sa mort et sa disparition, Ophélie tente de saisir un sens qui échappe sans cesse. 
Ophélie, dans cette version intime, voudrait enfin saisir, dans le sens physique du terme, ce qui se passe. Et macompagnie, dans cette version féminine (presque féministe, mais d’une manière fatalement passive), lui donne, pour une fois, la parole. 
De son père à son amant, en passant par son frère, cette femme, égérie fascinante, chanté par les poètes, croqué par les peintres, est prisonnière du pouvoir politique et de sa condition d’amoureuse. Elle attrape au vol ce temps infime et infini, suspendu entre sa vie terrestre et sa mort, pour s’exprimer. Flottant entre deux eaux, elle invite le lecteur, le public, à se mettre à sa place, exactement. 
 
Dans une robe démesurée qui recouvre les sièges du théâtre (comme lorsqu’une maison est restée vide et que l’on a recouvert les meubles de draps),Ophélie erre. Sa robe est hissée dans les cintres au-dessus des spectateurs, qui sont pour l’occasion invités sur scène. 
Ophélie se noie dans sa robe. 
Cette robe-voile devient un écran d’où les spectateurs pourront voir la surface de l’eau (en projection vidéo filmée en grand angle), et la berge de la rivière où se déroule la fin de la pièce. 
Sous la voûte étoilée, Ophélie murmure à l’oreille des spectateurs les mots de Shakespeare, mêlés aux nôtres, et convoque nos spectres engloutis.

CHANGER DE POINT DE VUE

Les spectateurs sont sur scène avec Ophélie, installés sur des chaises de théâtre, des tapis, des coussins, des pneus, chez Ophélie, au fond de l’eau, dans sa tête, peut-être. 
Au centre du plateau, un piano-scène, aqueux sans aucun doute, pour accompagner en musique la pièce et le film. 
La musique pour dire au-delà des mots. 
Un piano praticable sur lequel montent les acteurs. 
Un piano cercueil rempli de terre. 
Les acteurs sont aussi techniciens son, lumière et plateau, l’équipage d’Ophélie, ils ont passé du temps sous l’eau, et leurs costumes sont verdis, incrustés de moules ou de coquillages. Ils ont au début et à la fin du spectacle des têtes de poissons, pour donner à l’ensemble, entre Vingt Mille lieues sous les mers et le Titanic englouti, un air vaguement psychédélique. 
Ils hissent les voiles, accompagnent Ophélie, et doublent en direct les scènes qui se déroulent en vidéo, au-dessus du public. 
La voix d’Ophélie tout près, comme en gros plan, des murmures amplifiés, des chuchotements qui emplissent l’espace. 
Des deux côtés de la scène deux postes de doublages, et de sons fabriqués en direct. 

Adaptation et mise en scène : Jeanne Béziers 
D’après Hamlet de William Shakespeare 
Traduction de André Markowicz 
Musique : Martin Mabz 
Son, vidéo : Cédric Cartaut 
Scénographie : Stéphanie Mathieu 
Costumes : Christian Burle 
Lumières Jean-Bastien Nehr et Leïla Hamidaoui 
Chargée de production – régie générale : Leïla Hamidaoui